
Pakxe, le 19 décembre 2010
Pour cause d'un emploi du temps surchargé et de longues heures passées sur la route, il nous a été impossible les derniers jours de poursuivre notre carnet de voyage. On va donc tenter de résumer:
Le 16, lendemain de fête, a donc été une journée de détente… ou presque : en effet, nous avions tout de même rendez-vous, aux petites heures du matin (bon, d'accord… à midi) avec André, français expatrié travaillant au Réformateur, un hebdomadaire francophone basé à Vientiane. Ce dernier nous a réservé, à l'occasion de l'inauguration de notre seconde école, une petite place dans le prochain numéro… et nous promet une interview à notre retour de Pakse. Le reste de la journée a été consacré au tourisme et aux magasins : le Tat Louand (plus important temple du Laos, dont le stupa est le symbole de la capitale, au même titre que la Tour Effeil à Paris), Itecc, le parc expo, qui sert également de marché aux apparences de centre commercial comprimé, le supermarché Tang Frères, où nous avons pu refaire nos emplettes… et pour conclure la journée, Setha, Ari et Cédric sont sortis au karaoke pour célébrer l'anniversaire d'une cousine.
Le 17, c'était journée de départ : nous avions prévu de partir à 7h00 ; cela a donné 9h00 temps laotien, sans compter un arrêt au cybercafé. Nous avons quitté Vientiane sous un ciel couvert de nuages, décidément tenaces en ce début de "saison sèche." En l'occurrence cela ne nous gêne pas, bien au contraire : il est toujours plus agréable de voyager dans la fraicheur. Ça n'aura toutefois pas été une partie de plaisir, et nous serons bien content de débarquer à Pakse, après huit ou neuf heures de route : En effet, l'aspect de l'autoroute laotienne, une 2 voies plutôt sinueuse, n'entame pas la témérité des conducteurs laotiens. Peuplée tantôt de troupeaux de vaches, de cochons, de chèvres ou de buffles nonchalants (sans oublier les chiens omniprésents), tantôt d'une horde de mobilettes, la nationale laotienne traverse une multitude de villages, embrassée par ses maisons et commerces comme s'il s'agissait d'une rue marchande. Et lorsqu'un véhicule chargé à raz-bord de sacs de manioc vacille puis bascule sous nos yeux, la nervosité a du mal à redescendre ; une fois assurés de la sécurité des passagers du véhicule, que nous avons aidé à déchargé de sa cargaison, et suite à une première tentative de le remettre sur ses roues (abandonnée par peur qu'il ne se renverse de l'autre côté, ou encore de nous blesser), nous reprenons toutefois la route. Nous croiserons, quelques kilomètres plus loin, la scène d'un second accident, d'apparence plus sérieuse encore… Mais enfin la vue de notre hôtel à Pakse, édifice destiné à servir de résidence au roi du Sud Laos (forcé de fuir le pays avant la fin des travaux), puis complété sous la forme d'un hôtel par les communistes, nous fera oublier tout ça (enfin, presque…)
Le 18 décembre, nous débutons notre séjour dans la province de Champasak sur le pied de guerre. En effet, nous consacrons la matinée à la visite d’une première école au village de Ban Ngiew, à une vingtaine de kilomètres de Pakxe. Pour nous y rendre, il nous faut emprunter une étroite route de terre criblée de nids de poule et traverser deux ruisseaux à sec (l’un d’eux à l’aide d’un pont dont il nous faudra faire confiance à nos guides concernant sa solidité…) Une fois rendu, nous nous arrêtons d’abord auprès de l’école secondaire avant de nous rendre à l’école primaire : c’est à première vue un candidat idéal pour notre prochain projet. L’édifice est dans un état accablant, même s’il possède un toit quasi étanche (ce qui est loin d’aller de soi) et une plateforme en béton qui sert de plancher à deux salles de classes ; trois classes supplémentaires ont été ajoutées de part et d’autre de cette plateforme, portant leur nombre à cinq.
Le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne manquent pas d’aération ; un claustrophobe y serait tout à son aise. Elles sont de surplus tout juste délimitées les unes par rapport aux autres par des semblances de cloisons, et l’on passe aisément dans la classe voisine sans devoir emprunter les portes ; on imagine aisément le brouhaha que cela doit être en période de cours… même si l’absence d’un mur sur la façade est permet d’apprécier la splendide vue qu’on y a du Mékong. Les chefs du village nous affirment que l’école accueille un total de 450 élèves, ce que nous avons du mal à croire, quand bien même les classes des niveaux 4 et 5 seraient divisés en deux groupes chacune (les élèves ne bénéficiant ainsi que d’une demi-journée d’enseignement). Notre visite terminée, on insiste à ce que nous acceptions un cadeau de noix de coco, qui auraient tôt fait de remplir la fourgonnette si nous n’avions mis fin au train mis en place pour nous les apporter.
Le reste de la journée est consacrée au tourisme, en l’occurrence une visite des ruines du Wat Phou, site classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et qui implique, pour s’y rendre, le transport des véhicules par bac afin de traverser le Mékong. Cet ancien site religieux, vestige de la civilisation khmer, déploie sa multitude de temples et autels de part et d’autre d’une série de volées d’escaliers plus à pic les uns que les autres. Leur escalade nous procure une activité physique bien agréable après les heures passées dans la voiture. De retour à Pakse, la journée se termine en boîte à danser autour de notre table, comme cela semble se faire dans les boîtes laotiennes, faute de planchers de danse.
Le 19 décembre enfin, nous retournons donc à Ban Ngiew où, si nous constatons certes un nombre important d’élèves, le compte reste loin des 450. Cependant, nos soupçons seront dissipés lorsque, ayant posé la question de manière plus précise, le chef du village et les enseignants nous expliquent que la maternelle se fait à un autre emplacement, et qu’une grande partie de la troisième année doit être envoyée dans les écoles avoisinantes, faute de places à l’école du village. Nous signons donc une entente, et sommes ainsi libérés de la charge que représente la recherche de sites pour nos prochaines écoles. En effet, étant donnée l'ampleur du travail qui s'annonce (l'école de Ban Ngiew accueil plus de trois fois le nombre d'élèves que les écoles de Ban Non Somboun et de Ban Thachampa combinées), il nous paraît plus judicieux de ne pas entreprendre un quatrième projet dans l'immédiat. Côté tourisme, nous prenons le reste de la journée pour visiter les chutes de Khone Phapheng, le Niagara de l’Asie du sud est.
-- Cédric